mardi 27 janvier 2009

Brève de bus

Un matin, je suis dans le bus. Je reviens chez moi aprés avoir accompagné Polo à l'école.
L'aller on le fait à pied, main dans la main ; d'ailleurs j'ai constaté que je suis une des rares mamans à tenir par la main son grand garçon sur le chemin de l'école. J'aime bien sentir sa main encore tiède dans la mienne, c'est un petit pont entre nous avant de passer presque 10 heures sans se voir... et ce 5 fois par semaine.
Donc, disais-je , l'aller se fait à pied, en revanche le retour je chope le bus qui me ramène en 5 min devant la maison. Ce matin là, je me plonge dans mon bouquin pour ces 5 minutes d'évasion avec le dernier Elizabeth George.
Le son d'une voix grave et chaude me tire de ma lecture, je lève la tête. D'abord de dos, devant moi, je reconnais un jeune homme atteint de trisomie qui prend souvent le bus à cette heure-ci. En face de lui un beau mec, la trentaine, le regard extrêmement doux. C'est à lui que la voix appartient. Ils se parlent, ils font connaissance, s'échangent leurs noms.
C'est si simple, si naturel entre eux qu'on jugerait qu'ils se connaissent. Avec la naïveté et l'innocence qui caractérise les personnes trisomiques, le jeune homme montre au beau mec sa carte d'identité pour prouver qu'il lui a donné le bon nom, l'autre se penche dessus, fait mine de s'intéresser vraiment à la vérification de ses papiers. Un sourire plein de chaleur et de patience. A mon arrêt, le beau mec dit " Je descend là, bonne journée Alain !" et il lui serre la main.
Moi je le croise souvent, ce jeune homme, lorsque je reviens d'accompagner Polo main dans la main. Je le connais... de vue.

9 commentaires:

  1. moi j'aurai mis comme titre : "rêve de bus"

    ...

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  2. Y plus qu'à lui causer aussi!
    On croise tous les jours les mêmes têtes & on fait comme si on ne se connaissait pas. C'est bizarre, c'est Paris : mais on est pas obligé d'être comme ça!
    PS : je confirme pour dimanche, 2 personne et demi (le chat y vous boude, y dit que vous répétez tout le temps qu'il est gros tout ça)

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  3. Eh Mona, et si nous aussi on faisait un truc bien: on pourrait aller partager un brunch avec la droledeblogeuz, parce qu'avec un pseudo pareil, ça doit pas être toujours facile...

    :D

    Sinon, un beau moment que tu viens de vivre.

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  4. LDDB : Moi j'dis qu'à Marseille ou à Knokke-le-Zoute, les gens ils se parlent pas non plus dans le bus ;)

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  5. C'est chouette d'être témoin de ce genre de scéne!

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  6. Zaza> Les gens y se parlent dans les brunch à Paris, c'est comme ça, c'est bizarre mais c'est comme ça.
    Shaker> C'est l'hôpital qui se fout de la charité! héhé

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  7. J'ai cru que emportée par ta lecture tu allais louper ton arrêt !

    Jolie histoire

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  8. Ce qui est intéréssant , c'est de nous dire ce tu vas en faire, de ce moment de vie ...
    Ca m'a rappeller une pensée un poil 'éffrayante' quand on a quitté l'appart pour une maison.
    Je me suis dit : on a passé 9 ans ici et on ne connait qu'une seule voisine !! Juste incroyable.
    Donc, je n'ai pas répétté les mêmes erreurs dans mon nouveau quartier. Je connais bien plus de monde maintenant (4 ans seulement) et je continue de 'grignotter' du terrain.

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  9. Lolo : oui chouette titre

    LDDB : Oui je confirme comme Zaza, à Paris ou dans n'importe qu'elle grande ville ;) J'en ai fait l'expérience...

    Isikitten : Comme toute expérience, elle mûrit et si apprentissage il y a ça ne se voit pas tjs dés le lendemain :)

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