Je fais partie de quelques étranges personnes adultes, parents, socialement intégrées, indépendantes … qui n’ont pas le permis de conduire. Zaz’ aussi. La différence c'est que lui s’en fiche.
C’est vraiment un gros gros sujet d’angoisse pour moi. Que je vous explique :
Je n’avais pas les moyens, à 18 ans, de le passer. Par la suite, je n’en avais jamais ressenti ni l’envie ni le besoin. Au fur et à mesure des années j’ai développé une phobie des trajets en voiture, à la limite de la peur panique parfois. On me disait « quand tu conduiras toi-même ça passera ».
En 2005, ma copine Cha (oui encore elle, celle qui s’engueule pas avec Riton) et moi-même nous nous inscrivons à l’auto-école. Motivées d’être ensemble et puis puisque avec Zaz’ on a tiré à la courte paille qui de nous deux passerait le permis, je m’y suis collée.
Ca débute plutôt bien, je décroche le code en janvier 2006. Ma monitrice assure, elle est bourrue et rigolote.
Première convoc à l’examen, il manque un papier dans le dossier de l’auto école, l’inspectrice (mal baisée de son état) refuse de me faire passer l’épreuve : je suis « excusée ».
2e convocation, l’inspecteur est un vrai cadeau, gentil, compréhensif, bavard et moi je foire sur une chicane où il touche le volant pour me faire dévier sur la gauche, dans le doute. Il me demande même à la fin de l’épreuve si je suis une habituée des plots en plastique ou si c’était juste le stress de l’examen, il hésite. Je reçois le résultat 2 jours plus tard : recalée.
3e convocation : je retombe sur la mal baisée. Elle est froide mais ça se passe bien… jusqu’à un bouchon dans la zone de Rungis. Je suis cul à cul avec un semi remorque, visibilité bouchée, il passe à un feu rouge, à 10km/h je le suis.
Dépitée, on part s’installer sur Nantes sans permis en poche. Je me réinscris, non sans mal, là bas. Le patron de l’auto école est un connard fini, en revanche mon moniteur est bon pédagogue. Je reprends un peu confiance en moi. Mais au bout de 8/10 heures je demande à passer l’exam, le patron n’est pas d’accord, je lui signe une décharge qui n’engage pas l’auto-école en cas d’échec.
4e convocation : inspecteur gentil comme tout : sur le parking du Super U il me demande un rangement en marche avant entre 2 voitures. Je manœuvre comme une dingue, pas vraiment exercée à ça vu qu’on t’entraine surtout pour les rangements en marche arrière réputés plus durs. A un moment, il pense que je vais toucher à gauche, il freine. Fini.
Sur le chemin du retour, le patron de l’auto école me fait un démontage en règle. Je perds à cet instant le peu de confiance que j’avais encore en moi.
Par principe je remonte en selle pour quelques heures avec une autre auto-école. Puis c’est le retour sur Paris.
Aujourd’hui il me reste 6 mois avant que mon code soit invalidé. J’ai arrêté de compter combien me coûte ce permis après 2500 euros…
Moi qui commençais à prendre du plaisir avec ma monitrice quand j’ai débuté, je déteste désormais me mettre au volant d’une voiture. Moi qui ait toujours su gérer mon stress lors d’un examen, je me liquéfie depuis à cette idée. L’ulcère me guette.
Les auto-écoles de mon nouveau quartier sont soit hors de prix, du vol caractérisé, soit archi complètes.
Depuis 1 mois, j’essaye de joindre la seule et unique personne à la D.D.E des Hauts de Seine qui se charge du permis en candidat libre, injoignable, « en réunion », « en RTT », « aux cabinets ». Car c’est ma dernière chance, m’inscrire en candidat libre, louer une voiture à double pédale (accompagné d’une personne ayant + de 3 ans de permis) et tenter une ultime fois de décrocher le papier rose.
C’est vraiment LE point noir de ma vie perso. Ça à l’air bête peut-être pour vous, mes agneaux, mais moi ça me mine.
Au fait, Cha a eu son permis au 2e essai. Je ne l’avais pas félicité comme il se doit à l’époque. Bravo ma belle.