D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé et pratiqué le sport. Tous les sports. N’ayant jamais pu choisir entre une raquette ou un ballon et surtout n’ayant aucune prédisposition particulière pour tel ou tel discipline, j’ai touché à tout avec bonheur, mais aussi regret.
Tout petit, c’était le foot bien sûr. On avait même pas 10 ans et on improvisait des parties de foot sur des terrains de fortune. Des poteaux en arbres véritables, des ballons parfois même pas gonflés. Ma mère ne compte plus mes gnons aux genoux, mes pantalons troués et mes chaussures crasseuses… On avait que ça en tête, dès l’école terminée ou le week-end venant. On se devait de prendre l’identité des joueurs de l’époque. Moi j’étais Giresse, mais bien plus souvent Bats ou l’exceptionnel Dino Zoff. Mon premier souvenir de ces joueurs c’est bien sûr la coupe du Monde 1982 en Espagne. On refaisait chaque match dehors, entre nous, soit balle au pied, soit en discutant. Du haut de nos 8-12 ans on avait tout pigé de l’esclandre de cet émir du Koweït, on était scandalisé de la tournure de l’épique France-Allemagne de Séville.
C’était donc ma période foot de rue, comme on dirait aujourd’hui. Télévisuellement bercée, donc, par la génération Platini.
Mais, petit à petit, grâce à un grand black, le tennis entre dans ma vie de môme. Au départ, et grâce à notre expérience en terrain de bric et de broc, j’y joue en pleine rue, sans filet. Ma mémoire fait défaut, mais je dois prendre ma première licence au collègue. Elle ne me quittera pas jusqu’après le lycée. Le tennis c’est mon vrai premier coup de cœur sportif. Je ne pourrais expliquer pourquoi, c’est juste un sport magnifique. Des heures passées sur le terrain, des heures aussi devant la télé. Roland Garros devient une madeleine de Proust, un avant goût de vacances. Le tennis c’est aussi ma première grande émotion sportive. Un jour de 1991. La Forget, Leconte et les autres écrivent la plus incroyable victoire en coupe Davis face aux invincibles américains. Je me revois, dans ma chambre, mâchouillant un bâtonnet de glace que j’ai garderais en souvenir de longues années. Mes doigts resteront croisés durant les 5 sets du derniers match. Et puis surtout, ces larmes, de bonheur, mes larmes de leur bonheur. Un partage improbable de leur joie avec moi.
Je commence à être un vrai sportif. Basket, ping-pong, volley, vélo, Marathon, squash, badminton, je touche à tout. Je dévore les retransmissions sportives jusqu’à ma première claque : Les Jeux Olympiques de Barcelone, 1992. J’ai pas souvenirs d’avoir décollé de la télé, m’émerveille de tout, tous ces sports que je n’avais jamais vu, tous ces champions aux exploits contagieux. Comment expliquer qu’un bonheur puisse être à ce point transmissible ?
1995, deuxième claque. Alors que les handballeurs français viennent d’être sacré champion du monde, je m’inscris dans un club presque par hasard. Je ne connais rien de ce sport, même pas cet exploit qui vient d’arriver. Je suis juste un pote. 1er entraînement. Me voilà tout timide dans cette petite cage. J’ai aucune idée de ce qu’il faut faire. On commence à me mitrailler de tirs. J’en arrête, j’en arrête pas, mais… en quelques minutes, le virus a fait son effet. J’adore déjà ce sport.
Pendant les 10 années où je l’ai pratiqué, le virus n’a fait que de prendre de l’ampleur. Tant est si bien qu’il devient toute ma vie, ma profession même puisque j’entraînerais des centaines de gamins. En ça réside ma seule satisfaction sportive personnelle d’ailleurs. J’ai donné le virus à des mômes. Certains même auront une petite carrière intéressante. Je suis joueur, dirigeant, entraîneur, éducateur et j’adore ça. Je baigne dans un univers jovial, sympa. Le hand est un sport non gangrené par tout les problèmes qui détruit certain sport. Ça le rend sain, mais confidentiel. Tant mieux dans un sens. Mais tant pis aussi quand on voit les résultats hors pair des équipes phares. Je parle bien sûr des équipes de France masculine et féminine. Difficile de les suivre vu la pauvre médiatisation, mais étant dans le milieu, je vis tout. Et c’est incroyable. Des titres de champions de monde gagnés à domicile, des retournements de situations improbables, des joueurs capables de coups fabuleux, du suspens, surtout, du suspens ! Aucun sport ne peut donner autant d’émotion devant sa télé, j’en suis sûr.
Aujourd’hui, vous le savez, la France est championne olympique de handball. Seul titre qui manquait à leur monstrueux palmarès. J’en avais vu avant ça des victoires, mais là, forcement, j’ai pleuré. Je me sens presque impliqué dans cette victoire. Le hand c’est une petite famille, mais c’est ma famille. Ces mecs, ces joueurs, j’ai l’impression de les connaître. C’est con à dire, je sais, mais quand on vit dans un microcosme, tout devient plus accessible. Ces gars le sont.
Tout ça pour dire que le sport m’a donné d’énormes émotions. A pratiquer, à regarder, peu importe. Quand j’y réfléchis, j’ai du mal à expliquer pourquoi, mais est-ce si important ? L’intérêt c’est de prendre du plaisir, comme d’autre lise un livre et d’autre boive un verre de vin. En assumant ma mauvaise foi (de sportif) je dirais qu’avec le sport, c’est quand même 10 fois plus fort !!
Il y a quelques heures, la cérémonie de clôture des Jeux de Pékin à ouvert ceux de Londres en 2012, dans 4 toutes petites années. Des Jeux si proche de la maison, je ne conçois pas de les passer devant la télé, non, j'y serais. Comme un môme je rêve de voir la cérémonie d’ouverture, je rêve de voir l’ambiance dans cette ville mythique, je rêve de voir le 100m, le marathon, l’ambiance dans les tribunes de handball, le cyclisme sur piste ou bien l’escrime. Et puis je rêve de montrer tout ça à mes enfants.
Vous savez, en parent modèle que j’essaye d’être, je me dis qu’ils feront bien ce qu’ils veulent dans leur vie, qu’ils aimeront ce qu’ils aimeront, tant qu’ils sont heureux. Mais, soyons franc et égoïste, je voudrais tellement qu’ils soient sportifs !
Londres 2012. J’ai vraiment, vraiment, vraiment hâte de te voir !
Vivement 2012 :D
RépondreSupprimerC'est vrai que moi aussi, j'ai rarement eu autant d'émotion que grâce au sport (mise à part mon mariage avec Manue et la naissance de Neela ;) )
RépondreSupprimerUne des dernières en dates, sans compter cette finale olympique de Hand, c'est ce Nouvelle-Zélande/France à Cardiff durant la dernière coupe du monde de Rugby. J'angoissais comme un taré, comme si ma vie dépendait de cette victoire. vaincre les All Black est toujours un sacré évènement, que la France ne réalise finalement qu'en de grandes occasions. Ils l'ont fait. Même s'ils se sont arrêtés un match plus loin, cette victoire est magnifique.
Même si je ne suis pas fan d'autant de sport que toi, je respecte énormément cette passion que tu as.
Merci de nous faire partager ça ;)
Très beau ton post ! Hier en voyant la cérémonie de clôture, je me suis dit "quand je pense que 2012 ça aurait pu être Paris et qu'on aurait pu le vivre chez nous !"
RépondreSupprimerGrand bravo à nos supers handballeurs ! Ils étaient vraiment les plus forts !
Oui très joli post ! Communicatif !
RépondreSupprimerOn y sera tous ensemble au JO de 2012 !
Quel article! Drôlement bien écrit!
RépondreSupprimerBravo! ^^
J'ai partagé aussi quelques grandes émotions sportives à travers le petit écran... mais aussi sur les terrains (de basket surtout en ce qui me concerne)... et c'est vrai que le sport, c'est trop bon! ;-D
En 2012, sûrement devant la télé à nouveau...
rhoo et moi qui ait tout raté les jeux olympiques à crapahuter dans la pampa!
RépondreSupprimerVraiment super ton post, on dirait presque un edito d'un journal national.
RépondreSupprimerJe ne partage pas ta passion du sport, mais en te lisant je me suis dit là : respect.
Bisessss (je profite que Mona soit en congé)
très beau finish aux JO, j'ai pleuré devant mon écran aussi, tout comme quand les filles ont perdu face à la Russie ! 20 ans de handball, ça laisse des traces !
RépondreSupprimerPlein d'autres belles choses dans ces jeux, comme toujours, en fait !
Vive le sport !
C'est pas du Zaz ca ?
RépondreSupprimerLe pauvre encore tout seul !!!!
RépondreSupprimerOn risque d'être nombreux à Londres...
RépondreSupprimerCourage Pénélope !
Fan de sport??? ça me dépasse. Qu'est-ce que j'aimerais être comme toi : je ne fais du sport que par obligation, et pour les bienfaits que ça me procure, mais je n'aime pas cela. C'est drôlement bien d'aimer, je trouve ça génial, ça doit décupler son efficacité, et puis en plus, quand on aime on ne fait pas les choses de la même façon, il y a le petit plus, l'amour, le plaisir... Oh, comme j'aimerais être comme toi !
RépondreSupprimerLe sport, j'aime assez mais pas tout. J'adore les sports de raquettes et là depuis un an j'ai découvert du kick box et body jam où je m'éclate à fond.
RépondreSupprimerAu sport, c'est vrai, j'y vais avant tout pour bouger, fondre un peu et me remuscler. Mais j'avoue qu'une fois qu'on a pris goût à y aller. Quand ça s'arrête, un manque s'installe (en même tems que les kilos !).
Les JO, j'ai toujours suivi mais de loin. Je regarde peu les épreuves mais je suis les résultats de notre pays autant que je peux ;).
Bravo en tout cas pour ta prose sportive, très communicative.